Livre numéro 1736
 |   | Mosaïque de proses contemporaines d'Arménie |
Titre : | Mosaïque de proses contemporaines d'Arménie / auteur(s) :Traductions Élisabeth Mouradian et Pierre Ter-Sarkissian, suivi de "Entre effervescence et fermentation", de Serge Venturini |
Editeur : | L'Harmattan |
Année : | 2012 |
Imprimeur/Fabricant : | 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet numérique |
Description : | 13,5 x 21,5 cm, 162 pages, couverture illustrée en couleurs |
Collection : | Lettres arméniennes |
Notes : | |
Autres auteurs : | Élisabeth MOURADIAN-VENTURINI [traducteur] - Pierre TER-SARKISSIAN [traducteur] - Serge VENTURINI [directeur] - |
Sujets : | Littérature arménienne contemporaine |
ISBN : | 9782296960589 |
Bibliothèques : | Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France |
Prix : | 16,50 euros |
Achat possible sur : | Amazon |
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Commentaire :La collection « Lettres arméniennes » présente 17 nouveaux auteurs d’Arménie d’aujourd’hui encore inconnus du lecteur français. Avec cinq femmes et douze hommes, cette mosaïque de proses est un « instantané » de littérature contemporaine du début du XXIe siècle. Elle n’est en aucun cas une anthologie, mais s’avère être un libre choix dans « la guerre du goût » établi par la traductrice Élisabeth Mouradian. La présentation de cette mosaïque d’écrivains est suivie d’un regard critique du poète arménophile français Serge Venturini. Auteurs publiés dans ce volume : Mikaël Abadjiants, Mariam Assirian, Hratch Béglarian, Nelly Chahnazarian, Vahagn Grigorian, Suzanne Haroutiounian, Alice Hovhannissian, Gourguen Khandjian, Gaguik Makhsoudian, David Mouradian, Raphaël Nahapétian, Ara Nazaréthian, Anahit Toptchian, Artak Vardanian, Karo Vardanian, Hovik Vardoumian, Hovhannès Yéranian. Ils sont l'espoir d'une nouvelle littérature arménienne. Chaque prose, ou forme courte, est suivie d'une critique littéraire en fin de
volume, ce qui permet au lecteur, après sa lecture, de confronter son opinion avec l'avis donné, comme en miroir.
Dans ce recueil, dédié à Yéghiché Tcharents, la traductrice a choisi de reproduire en langue française les œuvres de 17 nouveaux auteurs contemporains d’Arménie. Le choix des textes est fait par rapport au sujet, à la forme, au style d’expression, dans le but de constituer une mosaïque de proses…
"Entre effervescence et fermentation" est un point de vue critique littéraire, exprimé par Serge Venturini dans le même volume. Il pose la question : Comment écrire après Y. Tcharents ? Et détaille la réponse …une nouvelle littérature est à l’œuvre. Elle est actuellement en plein bouillonnement, en pleine ébullition. Le lecteur trouvera des réflexions intéressantes à propos de la littérature arménienne contemporaine. Annie
Article Tigrane Yégavian, France-Arménie, numéro 387, Juin 2012 ZOOM SUR LA NOUVELLE LITTÉRATURE D'ARMÉNIE Après trois longues années de collecte en amont, de lecture approfondie et de travail de traduction (2008-2011), Serge Venturini et Elisabeth Mouradian présentent aux lecteurs francophones un ouvrage original, qui pose un regard intelligent et furieusement libre sur la nouvelle prose d'Arménie (1) Comment écrire après Tcharentz (1897-1937) ? Question lancinante que pose à tue-tête Serge Venturini, le plus arménien des poètes corses. Sculpteurs d'une mosaïque de nouvelles qui sentent bon l'abricot, le directeur de la collection des lettres arméniennes de L'Harmattan et son épouse, la traductrice Elisabeth Mouradian, arpentent depuis de longues années le paysage littéraire d'Arménie. Leurs pérégrinations ont conduit à enfanter un bien singulier ouvrage qui, à défaut d'être une anthologie de nouvelles, se veut un kaléidoscope de 17 courtes nouvelles, 17 auteurs (2). Peu ou prou connu du public francophone, Serge Venturini pose son regard poétique sur les coulisses de leurs œuvres, présentant de judicieuses clés de lecture, doublées d'une réflexion pour aller plus loin. Au fil des pages, le lecteur découvre une réalité arménienne déroutante. Ecrivains engagés, témoins de la déliquescence d'une société en lambeaux, ces prosateurs décrivent une période critique, un réel palpable où la mémoire d'un passé fantasmé n'a pas sa place. Aussi, n'allez pas chercher dans ces pages un fil conducteur ni une logique cartésienne ! Contentez-vous plutôt de deux mots-clés sortis de la bouche de Serge Venturini : effervescence et fermentation. Effervescence d'un univers qui se meut dans un sombre environnement. Fermentation d'une prose en devenir qui se renouvelle en dehors des sentiers battus, sans pour autant épouser les formes du pamphlet, de la dénonciation des injustices inhérentes aux balbutiements de la jeune République arménienne. Comment trouver l'équilibre ? Une sélection subjective Le mérite premier de ce recueil revient à Elisabeth Mouradian qui, en réunissant dans un seul ouvrage cinq femmes et douze hommes, nous offre un regard neuf et tendre. D'une incontestable qualité littéraire, ces textes sont des instantanés de la nouvelle prose arménienne. Aux antipodes d'une émotion chargée de lyrisme, les textes sélectionnés par la traductrice (et son libre-arbitre) respirent une essence spirituelle qui n'a pas besoin d'adjectif ou de substantif pour s'inscrire dans la tradition tracée par le grand Tcharentz. Ce qui compte dans ces «têtes de chapitre», c'est incontestablement l'expérience d'un chaos vécu par les auteurs, mais où la survie et l'humour ont le mot de la fin. Sorte d'oxymore où l'écriture cinématographique d'un David Mouradian croise la mystique de Hovik Vardoumian. Loin de se limiter au périmètre de la seule Arménie, les souvenirs de la guerre d'Afghanistan élargissent le champ de la littérature arménienne, tandis qu'un épisode de la guerre de libération du Karabagh est ramené quant à lui à sa dimension humaine et universelle. Entre Serge Venturini et Elisabeth Mouradian existe une étonnante harmonie. Leur complémentarité a déjà donné naissance à deux volumes : un recueil de nouvelles de l'écrivain Hovik Vardoumian et une traduction de Tcharentz. Tels des passeurs, ils bâtissent des ponts de papiers, solides comme le roc quand l'innovation, la transmission et la quête d'élévation font sens, et fragiles, quand la diffusion du livre est hélas réduite à sa plus simple expression. "N'entendez-vous pas sourdre une fiévreuse agitation, parfois violente, une ébullition souvent diffuse et latente, une sourde fermentation souterraine, croissante ? Une fois la blanche écume retirée, les scories d'une littérature de transition éliminées, ce qui disparaît est l'essentiel, le levain. Le ferment", écrit Serge Venturini. Reconnaissons-lui sa légitime inquiétude sur le devenir de notre identité, écrivant comme il le fait avec justesse : "La vraie tragédie ici, c'est de perdre ses origines, et donc l'histoire de son pays. Il s'agit d'une mort symbolique. Encore faut-il garder mémoire pour être et devenir." Tigrane Yégavian, France Arménie, numéro 387, Juin 2012 |
Livre numéro 1557
 |   | Légende dantesque (1915-1916) |
Titre : | Légende dantesque (1915-1916) / auteur(s) : Yéghiché TCHARENTS - Présentation, traduction de l'arménien, postface et notes de Serge Venturini avec l'aide d'Elisabeth Mouradian |
Editeur : | L'Harmattan |
Année : | 2010 |
Imprimeur/Fabricant : | 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet numérique |
Description : | 22 cm, 104 pages |
Collection : | Lettres arméniennes, sous la direction de Serge Venturini, Emmanuelle Moysan et Elisabeth Mouradian |
Notes : | Présentation, traduction, postface et notes de Serge Venturini ; avec l'aide d'Élisabeth Mouradian |
Autres auteurs : | Élisabeth MOURADIAN-VENTURINI [traducteur] - Serge VENTURINI [préfacier] - |
Sujets : | Première guerre mondiale -- Génocide arménien |
ISBN : | 9782296131743 |
Bibliothèques : | Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France |
Prix : | |
Achat possible sur : | Amazon |
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Commentaire :Traduction de "Danteakan araspel" de Tcharents. Avec un long article, presque un petit essai, sur l'oeuvre ainsi que sur ses traducteurs. Il met en contraste Tcharents avec la littérature mondiale, de Dante à Pavese en passant par Paul Celan. C'est aussi un livre de combat pour la juste reconnaissance de la cause arménienne dans ses luttes, pour qu'enfin bientôt après un siècle, les Turcs reconnaissent le premier génocide du XXe siècle. Une traversée de l'enfer, de l'obscur, un "transvers", un précipité de nuit, une trouée d'éclairs en huit chants, 618 vers décasyllabiques aux rimes croisées ; tel fut le livre d'un poète précoce qui traversa la Grande Guerre et le premier génocide du XXe siècle : "Légende dantesque" de Yeghiché Tcharents, un livre contre la Terreur d'un poète à la recherche du Pays-Naïri |
Livre numéro 1439
 |   | L'Immortel et autres nouvelles |
Titre : | L'Immortel et autres nouvelles / auteur(s) : Hovik VARDOUMIAN - Choix des textes et traductions de l'arménien par Élisabeth Mouradian ; préface de Serge Venturini |
Editeur : | L'Harmattan |
Année : | 2009 |
Imprimeur/Fabricant : | 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet numérique |
Description : | 1 vol. (117 p.) : couv. ill. en coul. ; 22 cm |
Collection : | Lettres arméniennes, sous la direction de Serge Venturini, Emmanuelle Moysan et Elisabeth Mouradian |
Notes : | Choix des textes et traduction par Elisabeth Mouradian |
Autres auteurs : | Élisabeth MOURADIAN-VENTURINI [traducteur] - Serge VENTURINI [préfacier] - |
Sujets : | Nouvelles |
ISBN : | 9782296101609 |
Bibliothèques : | Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France |
Prix : | 12,50 euros |
Achat possible sur : | Amazon |
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Commentaire :« Toute notre vie nous vivons dans la confusion. Nous croyons que les arbres, la pierre, la terre, les maisons n'ont ni conscience, ni émotions, mais nous nous trompons. Nous avons simplement oublié leur langage », comme nous le rappelle Hovik Vardoumian dans sa nouvelle Retour, soutenant ainsi la noble cause de la Nature qui est la source même de la vie sur Terre. L'écrivain mène le lecteur à la découverte de son univers où il est invité à s'interroger. Ces interrogations aux accents mystiques portent sur l'existence et l'accomplissement de l'Homme dans l'Univers. Quelle place a l'homme dans l'univers, comment prendre et comprendre les pourquoi récurrents : l'éphémère et l'éternel, le réel et le surnaturel, l'amour et la haine, la vie et la mort... La vie est belle, même imparfaite, même si l'homme est mortel. N'est-ce pas un hymne à la vie ? Le lecteur devine que l'insatiabilité de l'auteur n'est pas pour la vie en elle-même, ni pour l'immortalité physique, mais pour ce que l'on fait de cette vie donnée.
Extrait p. 103 de la nouvelle « Mon oncle mourut comme un homme » « Nous avions fini de manger, tandis que mon oncle mâchait encore. Il n’arrivait pas à avaler le morceau qui le brûlait, égaré dans sa bouche. On se mit au travail en silence. - S’il fait beau encore quelques jours, nous terminerons aussi les parcelles du haut, répéta mon oncle. Il se fit piéger tout seul par sa propre pensée, sourit et dit à voix haute : - Enfin, Dieu est grand… Son cadet rit : - Depuis quand es-tu devenu croyant ? Mon oncle ne répondit pas. Avec de beaux mouvements rythmés, il passait la faux en arrière, puis la glissait lentement en avant sur l’herbe. L’herbe se couchait comme des perles rangées, en mesures égales. Ses fils n’arrivaient pas à le suivre. La voix s’approchait sans cesse. Il lui sembla qu’on l’appelait. Il s’arrêta un instant. Il scruta le ciel. La voix venait de là-haut. Mais aussi de la terre, de la végétation, de l’herbe coupée. Du ciel descendait une lumière. Il eut peur. Il se retourna et regarda ses fils. Il avait honte d’avoir peur. Il ne s’inquiétait pas pour ses fils, car il savait que la lumière était pour lui. Il avait honte auprès de ses fils pour cette peur. Tous les deux avaient laissé tomber la moisson et ils le regardaient. La lumière se mit à descendre plus vite. Il feignit de ne pas la voir. Encore quelquefois glissa la faux avec les mêmes mouvements beaux et rythmés sur les tiges de l’herbe. Mais il comprit que la force quittait ses bras, ses jambes. Il s’arrêta. Il appuya la faux dans la terre et s’appuya dessus. Il regarda le ciel. La lumière éclata en grande vitesse et pénétra en lui. La merveilleuse musique l’enveloppa tout entier de la tête jusqu’aux pieds. Maintenant, il l’entendait clairement. La peur le quitta. « Que ta gloire soit, mon Dieu », cria mon oncle. Il se retourna, regarda ses deux fils, ébahis d’étonnement. Il sourit tel un coupable. Il avait honte, car il laissait le travail inachevé. Puis il tomba sans souffle. L’herbe coupée était enflammée. Les fils cadets de mon oncle regardaient avec stupeur. Le serpent, traversant le muret en pierre, se déplaçait confus dans l’herbe verte, embrasée. Le plus jeune des deux frères fit un pas vers le serpent, mais son frère l’empêcha. Ils s’agenouillèrent. D’un autre monde mon oncle continuait à sourire. La faux était tombée près de lui. » «Extrait pp. 114-115 de la nouvelle « Retour » La nuit, ma mère me vint voir. Depuis sa mort je la voyais toujours malade, affamée, inquiète. Pour la première fois je la voyais en habit neuf, joyeuse, rassasiée et contente. … C’était l’automne. Une journée chaude, ensoleillée. Elle était assise sur la terrasse, elle était en train de nettoyer les cornouilles fraîchement ramassées des bois et chantonnait une douce mélodie à mi-voix. On aurait dit que j’étais redevenu enfant. Le chien aboyait… Je me réveillai heureux. Djeko courait en aboyant de maison en maison. Il menait une tactique intelligente : il voulait montrer que dans les trois cours il y avait un chien. C’était une douce nuit d’automne paisible. Outre les aboiements du chien, on entendait d’autres voix. Une de ces voix se sépara de l’ensemble et attira mon attention. On avait l’impression que quelqu’un chantait. Une heureuse mélodie mezza voce vibrait. Je n’avais plus sommeil. Je descendis dans la cour. Ce n’était pas une tromperie ; on entendait vraiment la mélodie. C’était ma maison qui chantait. Elle chantait de bonheur. Mon cœur s’emplissait de joie. Je caressai les murs, les marches, la porte en fer de la cave, les fenêtres et je m’assis sur les marches. C’était la même sensation de mon enfance quand je m’endormais dans les bras de ma mère et que j’entendais sa chanson douce. Le ciel était clair, si limpide. Je n’avais jamais vu tant d’étoiles éclatantes que pendant mon enfance quand je m’allongeais sur le dos sur le versant du mont Lalvar, couvert de fleurs antédiluviennes, et je me promenais dans le ciel constellé. Djeko accourut, posa sa tête sur mes pieds, s’allongea, puis poussa un « ouf » de soulagement et se tut. Maintenant il pouvait dormir tranquille. Toute notre vie nous vivons dans la confusion. Nous croyons que les arbres, la pierre, la terre, les maisons n’ont ni conscience, ni émotions, mais nous nous trompons. Nous avons simplement oublié leur langage. Il pâlissait. Ma maison chantait encore. Djeko dormait en chuintant. Les poiriers, gémissant sous le poids des fruits, réclamaient de l’eau. Je pris la pelle de la cave et j’allai ramener l’eau au verger. » |
Livre numéro 1327
 |   | Et gravir |
Titre : | Et gravir / auteur(s) : Serge VENTURINI - Traduction de Benjamin Tchavouchian, Elisabeth Mouradian ; Maître d'oeuvre de l'édition bilingue : Hovik Vardoumian |
Editeur : | editions des fetes |
Année : | 2008 |
Imprimeur/Fabricant : | erevan |
Description : | 112 pages, 20,5 x 13 cm |
Collection : | |
Notes : | Edition bilingue, français-arménien oriental |
Autres auteurs : | Élisabeth MOURADIAN-VENTURINI [traducteur] - |
Sujets : | Poèmes |
ISBN : | 9789994159420 |
Bibliothèques : | Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris |
Prix : | |
Commentaire :"J’ai l’Ararat au cœur, - une montagne dans le cœur." [Fulguriance 105] Qui parle ainsi ? Est-ce un Arménien ? Un exilé loin de son pays natal ? Est-ce un Français d’origine arménienne ? Non, c’est un amoureux de l’Arménie, tout simplement. Cet homme-poète qui est-il ? Serge Venturini est né en France en 1955 à Paris. Sa mère est toscane, originaire d’un village non loin de Florence en Italie et son père est un Corse, originaire de la patrie de Napoléon. Tous deux sont des exilés, arrivés à Paris dans les années cinquante. Leur fils unique fait ses études entre Montparnasse et la tour Eiffel, avant de voyager vers le Liban, le Maroc, puis vers l’Arménie, en tant que Lecteur à l’Institut Brioussov, professeur détaché par le Ministère des Affaires Étrangères. Nous sommes pendant les événements d’Arménie en 1988. Un tremblement de terre a lieu ; 7,5 sur l’échelle de Richter. Il est le premier Français à voir sur place la tragédie à Léninakan et à Spitak. Pendant une semaine, il ne cessera de faire des allées et venues entre Erevan et Léninakan, encadrant les premiers secours italiens et français avec leurs secouristes et leurs chiens. Il se rappellera toujours ces journées brumeuses de froid et de poussière, comme après un bombardement, ces longues journées sans fin qui furent comme des nuits, où les premières autorités à rejoindre, l’ancienne Alexandropol furent non pas des grues tant espérées, mais des tanks de l’armée soviétique… Quelques jours plus tard, cherchant une traductrice italienne, il fit alors la rencontre qui allait marquer sa vie entière, - celle qui allait devenir son épouse en 1990 : Elisabeth Mouradian. Mais revenons à la poésie de Serge Venturini. Il commença à écrire à l’âge de quinze ans, en Corse. Son premier livre ne fut publié qu’en l’an 2000. Depuis cette date, ce passage d’un siècle l’autre, il publia six livres, dont une traduction des Odes arméniennes de Sayat-Nova avec son épouse. Ce livre qui eut tant de mal à trouver un éditeur en France jouit maintenant d’une certaine reconnaissance, grâce à son succès en 2007 pendant l’Année de l’Arménie en France. Il ne fallut pas moins de six années de travail pour achever cette première traduction des Odes en Europe. A part Sayat-Nova qui influença en profondeur le poète, d’autres poètes aimés l’attirent par leur écriture et leur destin. Il s’agit surtout de Eghiché Tcharents et de Nahapet Koutchak, de Parouir Sévak et de Missak Manouchian ; cela malgré les difficultés de traduction. Sa poésie "fulgurante et cristalline" selon le poète Geneviève Clancy qui le révéla est une poésie du devenir, une flèche sifflante, celle d’un archer de la poésie, - toute en tensions et frémissements. Les quatre éléments : l’air, la terre, l’eau et surtout le feu donnent à cette poésie sa stature. Sa poésie s’inspire du rire de l’éclair. Pour lui, le poète est avant tout visions, il voit ce que d’autres ne voient pas ou refusent de voir : l’incroyable. N’est-ce pas là le caractère propre de la poésie d’être, entre les lignes du non-dit, dans le secret silence de l’implicite, dans le lieu que l’on quitte, dans l’hésitation entre le son et le sens, dans un au-delà même du sens ? Un sens tragique frappe d’une lumière blanche cette poésie, d’où l’effroi de beauté qui traverse son lecteur attentif aux courants du visible et de l’invisible. En fin 2007, Serge Venturini a créé une notion qui est devenue petit à petit une théorie : le transvisible. « Théorie selon laquelle il existerait, entre le visible et l'invisible, un passage, le temps d'un éclair, l'instant d'une vision. » Toutefois n’anticipons pas, les textes que le lecteur arménien va découvrir sont un choix établi entre le poète et sa traductrice pour le lecteur de l’Arménie d’aujourd’hui. Ils portent sur les années 1980-2007, avant la période dite du transvisible. Les premières traductions du poète en langue arménienne furent celles de Benjamin Tchavouchian, aujourd’hui disparu, et les auteurs de cet ouvrage tiennent à rendre un hommage posthume à cet homme de cœur et à ses talents de traducteur. Erevan, août 2008. |
Livre numéro 1292
 |   | Parlons arménien |
Titre : | Parlons arménien / auteur(s) : Élisabeth MOURADIAN-VENTURINI - Autre auteur : Michel Malherbe |
Editeur : | L'Harmattan |
Année : | 2008 |
Imprimeur/Fabricant : | 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet |
Description : | 1 vol. (339 p.) : ill. ; 22 cm |
Collection : | Parlons, sous la direction de Michel Malherbe |
Notes : | Contient un lexique français-arménien, arménien-français. - Bibliogr. p. 335-336 |
Autres auteurs : | |
Sujets : | Arménien (langue ) -- Manuels pour francophones |
ISBN : | 9782296045347 |
Bibliothèques : | Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France |
Prix : | 32,50 euros |
Achat possible sur : | Amazon |
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Commentaire :Cet ouvrage vous permettra de découvrir ou redécouvrir l’Arménie, sa culture, à travers sa langue et son alphabet, qui au cours des siècles devint avec le christianisme un rempart puissant face à l’envahisseur aux carrefours entre l’Orient et l’Occident. L’Arménien n’a pas connu de ramifications et conserve, sans doute, les structures linguistiques les plus proches possibles et imaginables avec la protolangue indo-européenne.
A noter q'un titre plus précis serait "Parlons l'arménien oriental". Car pour l’arménien moderne on distingue deux langues : l’arménien oriental, pratiqué en République d’Arménie et en Iran, et l’arménien occidental parlé dans la diaspora. En ce qui concerne les parties historique et culturelle, l’auteur s’inspire de la présentation soviétique de l’Arménie. |
Livre numéro 1175
 |   | Odes arméniennes |
Titre : | Odes arméniennes / auteur(s) : SAYAT-NOVA - |
Editeur : | L'Harmattan |
Année : | 2006 |
Imprimeur/Fabricant : | 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet |
Description : | 1 vol. (195 p.) ; 22 cm |
Collection : | Poètes des cinq continents ; 427 |
Notes : | Préface, texte bilingue, Postface (pp 151-190), Notes pour chaque ode, Glossaire (pp 191-196), traduction et notes d'Elisabeth Mouradian et Serge Venturini |
Autres auteurs : | Élisabeth MOURADIAN-VENTURINI [traducteur] - Serge VENTURINI [traducteur] - |
Sujets : | Poèmes |
ISBN : | 9782296013988 |
Bibliothèques : | Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France |
Prix : | 17,50 euros |
Achat possible sur : | Amazon |
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Commentaire :Qui était Sayat-Nova ? Un troubadour arménien de la Transcaucasie du XVIIIe siècle, un pont jeté entre trois cultures – arménienne, géorgienne et azérie. Pour le lecteur français, le film de Sergueï Paradjanov : "Sayat-Nova, La couleur de la grenade" (1968) semble être l’unique arcane pour pénétrer le monde de ce poète, musicien et interprète. Selon le poète Parouïr Sévak (1924-1971), il fut "l’autel de l’amour". Son impossible amour pour Anna Batonachvili, soeur du roi Irakli II, - sa Nazanie, fit de lui le Madjnoun de Leïla de son temps. Cette traduction complète des 47 odes strophiques en langue arménienne, par d'Elisabeth Mouradian et Serge Venturini, la première en Europe, nous révèle la singularité universelle de ce poète irréductible, plus vivant que jamais, aimé de trois peuples depuis le XVIIIe siècle en Transcaucasie, et aimé aussi en Orient comme au Proche-orient. Puisse le lecteur non averti découvrir enfin cet immense poète.
Les traducteurs Elisabeth Mouradian est née en Arménie, à Erevan. Etudes supérieures à l’Université d’Erevan et en Sorbonne. Elle est actuellement (2006) enseignante et traductrice. Serge Venturini est né à Paris. Etudes supérieures à Paris VII. Après avoir séjourné au Liban, au Maroc, en Russie, en Arménie et en Pologne, il est aujourd’hui (2006) professeur de Lettres. |
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