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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Yvette-Nvart VARTANIAN
( n. 1940 )

L'auteur

Yvette-Nvart VARTANIAN --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 3 juin 1940 à Marseille (France)

Yvette-Nvart Vartanian émigre en 1948 en Arménie, alors soviétique, avec sa famille. Après avoir franchi de nombreux et rudes « paliers » de l’histoire du pays, de l’élève à l’étudiante puis au professeur d’université, elle devient, entre 1994 et 1998, responsable de la chaire des langues romano-germaniques à l’université d’Erevan.
Philologue et maître de conférences, passionnée de traduction et de littérature, elle a beaucoup traduit en arménien des écrivains français, ainsi que des écrivains arméniens en français. En 2007, elle reçoit le prix littéraire Kantegh, décerné par l’Union des écrivains arméniens. Elle vit actuellement à Erevan et travaille à l’Institut pédagogique Abovian.

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Livre numéro 2305
Yvette-Nvart VARTANIAN --- Cliquer pour agrandir Quand tout se noue et se dénoue
 
Titre : Quand tout se noue et se dénoue / auteur(s) : Yvette-Nvart VARTANIAN - Préface de Serge Venturini
Editeur : L'Harmattan
Année : 2018
Imprimeur/Fabricant : 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet numérique
Description : 13,5 x 21,5 cm, 218 pages, couverture illustrée en couleurs
Collection : Lettres arméniennes
Notes :
Autres auteurs : Serge VENTURINI [préfacier] -
Sujets : Récits personnels -- Immigration des Arméniens de la diaspora vers la RSS d'Arménie
ISBN : 9782343147192
Prix : 20,50 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

« Quelques jours après, le paquebot jeta son ancre dans l’un des ports de la mer Noire, largua de son intérieur tout ce qu’il contenait – hommes, femmes, jeunes gens, adultes, vieilles et vieillards, enfants, coffres, valises, grosses caisses – tout ce qu’il avait pris sur le grand port, le Vieux-Port de Marseille, trempé dans les rayons du soleil...»

Quand tout se noue et se dénoue est une libre autotraduction de l’arménien du roman autobiographique Nœuds ouverts, publié en 2009 à Erevan. Un témoignage, à la fois triste et joyeux, tendre et rude, d’une femme qui porte en elle deux cultures et deux pays : la France et l’Arménie.


Préface

« Las cadenas que más nos encadenan son las cadenas que hemos roto. » Antonio Porchia, poète argentin (1885-1968), Voces, 1947. (Les chaînes qui nous retiennent le mieux sont celles que nous avons brisées. Antonio Porchia, Voix.)
La courageuse Yvette Vartanian ! On parle peu des traducteurs et de leur travail. Ils demeurent dans l’ombre. Ils sont nombreux ceux qui par leur savoir ont fait rayonner notre langue, notre culture et notre civilisation hors de l’Hexagone et hors d’Europe. Yvette Vartanian a bien accompli sa tâche. Elle a beaucoup et fort bien traduit. Je n’en citerai que quelques exemples de livres et non des moindres : “Phèdre“ de Racine, “De l’amour“ de Stendhal, les “Sonnets“ de Nerval, la “Recherche“ de Proust, “L’Art“ de Rodin, “Le Voyage“ de Céline, des poèmes de Char, d’Éluard et de Supervielle, jusqu’aux contemporains, des “Lambeaux“ de Juliet à “Tous les matins du monde“ de Quignard.
Née à Marseille, Yvette vit aujourd’hui en Arménie, où elle continue de vivre et de traduire, d’écrire et de publier. Cette philologue arménienne est toujours vivante de passion pour la langue française. Sa vie a pourtant connu de rudes et multiples épreuves. Enfant encore, elle quitta son doux pays de France pour les griffes du totalitarisme stalinien. Un choix familial lourd de conséquences et de sacrifices. La terre promise annoncée, l’Arménie soviétique fut aussi pour elle et sa famille une rude expérience. Retrouver la terre ancestrale, au pied du mont Ararat, cela ne fut pas de tout repos.
Elle œuvra malgré tant de difficultés et de vicissitudes quotidiennes, contre vents et marées, malgré menaces et pressions en tout genre, à réaliser ses objectifs et ses désirs. Yvette Vartanian a pu s’accomplir grâce à son inflexible caractère, fort bien trempé, surtout au cœur des plus terribles et des plus sombres périodes. Plus de cent ans après le génocide de 1915, le gouvernement turc refuse toujours de reconnaître le génocide. Pire encore, il poursuit son travail de haine et de crime, de sape et de destruction, avec l’aide de ses cousins azéris. — Le génocide se perpétue.
Yvette Vartanian a sans cesse préféré tourner sa fraîcheur d’âme et sa vive sensibilité, son ouverture d’esprit et son goût des autres, vers le bonheur et la création. — Traduire, n’est-ce pas d’abord et avant tout aimer l’Autre ? Chaque étranger avec son monde singulier. — Traduire, n’est-ce pas partager ? Son travail d’humaniste et sa volonté de paix font d’elle une haute figure résistante de la francophonie.
Ce livre « Quand tout se noue et se dénoue » est une belle trace des combats menés par Yvette Vartanian au cours du demi-siècle précédent. Sa plume témoigne des bouleversements du monde en plusieurs paliers. Le lecteur franchit lentement ces irréversibles seuils. - Tenir. — Main-tenir ! semble nous dire Yvette Vartanian. — Ne rien lâcher ! Faut vivre ! Gardons notre capacité à nous émerveiller, à nous étonner chaque jour. Car, Yvette Vartanian a su garder son regard d’enfant, celle de la petite fille née à Marseille, quand le ciel bleu se mêle au sel de l’air marin, qu’une légère brise se lève.
Vivre en Arménie aujourd’hui est chaque jour un combat. Elle a choisi de rester là-bas, sans doute parce qu’il lui en a coûté beaucoup pour y venir et peut-être beaucoup aussi pour y rester. Là-bas, au Caucase, où l’on vit sur un volcan, dans un pays encore enclavé, avec des frontières voisines poreuses et si difficiles à surveiller, où toutes les semaines meurent de jeunes gens sur les lignes de contact. Avec son courage de femme, d’être humain, elle se révèle tout entière dans ce livre pluriel.
— Puisse le lecteur francophone partager à son tour — ce livre d’un cœur audacieux.

Serge Venturini, Paris, avril 2018


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