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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Paulette HOUBOUYAN-COUTANT

L'auteur

Paulette HOUBOUYAN-COUTANT --- Cliquer pour agrandir
Titulaire d'un doctorat d'histoire, ancien professeur de sciences humaines, Paulette Houbouyan-Coutant s'investit depuis de nombreuses années dans la coopération scolaire entre la France et l'Arménie pour le soutien de la francophonie. Sa compréhension intime des questions d'enseignement et ses origines arméniennes l'ont orientée vers un premier travail de recherche sur la politique culturelle et linguistique de la France en Arménie depuis l'indépendance recouvrée en 1991, recherche menée sous la direction de Claire Mouradian, comme la thèse préparée à l'EHESS, à l'origine de cet ouvrage.
[ Thèse de doctorat en Histoire et Civilisations, soutenue en novembre 2017 ]

En 2020, Paulette HOUBOUYAN-COUTANT est présidente de l'association Amitié et Échanges franco-arméniens ( http://aefarmenie.fr/ )

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Livre numéro 2410
Paulette HOUBOUYAN-COUTANT --- Cliquer pour agrandir Les Arméniennes de l'Empire ottoman à l'école de la France (1840-1915)
   
Titre : Les Arméniennes de l'Empire ottoman à l'école de la France (1840-1915) / auteur(s) : Paulette HOUBOUYAN-COUTANT - Stratégies missionnaires et mutations d'une société traditionnelle
Editeur : Editions du Cerf
Année : 2020
Imprimeur/Fabricant :
Description : 15 x 23 cm, 585 pages, couverture illustrée en couleurs
Collection : Cerf Patrimoines
Notes : Préface de Claire Mouradian
Autres auteurs :
Sujets : Communautés -- Éducation féminine -- Turquie
ISBN : 9782204138369
Prix : 39,00 euros

Commentaire :

« Ma tante Makrig aurait voulu qu'on me mette à l'école des religieuses catholiques pour que j'apprenne le français. Ma grand-mère, elle, voulait qu'on nous mette toutes les deux, ma sœur et moi, à l'école Mesbourian, que fréquentaient les filles des opulentes et bonnes familles de Scutari. Quant à ma tante Yeranig, elle trouvait, elle, que tout cela n'avait aucun sens, [...] et elle proposait de mettre l'aînée en apprentissage chez une couturière et de garder provisoirement à la maison la cadette, qui était sage et obéissante. » (Zabel Essayan, Les jardins de Silidhar)

À la fin du XIXe siècle, dans l'Empire ottoman finissant, les écoles missionnaires françaises sont souvent le choix qui s'impose pour une société s'ouvrant sur l'Europe. Les religieuses françaises, jeunes provinciales pour la plupart, femmes de terrain, prêtes à souffrir pour gagner le ciel et répandre la culture française, répondent à l'appel et se lancent à la conquête des âmes et des cœurs auprès de la minorité chrétienne et parfois juive. Tout un réseau d'enseignement se met ainsi en place dans les grandes métropoles de l'Empire comme dans ses provinces les plus reculées. Le présent ouvrage offre une page oubliée de cette aventure tant de la France missionnaire que des jeunes Arméniennes en voie d'émancipation, dans un monde oriental en pleine mutation, à la veille de sa disparition dans la tragédie du génocide de 1915.


Le présent ouvrage est issu d'une thèse de doctorat dirigée par l'historienne Claire Mouradian. Ancienne professeure de sciences humaines, fille d’un du Génocide, lui-même ancien élève des écoles missionnaires françaises, Pau¬lette Houbouyan-Coutant a réalisé un travail de longue haleine dans la suite de ses travaux sur la coopération scolaire franco-arménienne. L'auteure s'intéresse à la genèse de l'implication de la France dans les évolutions de la société armé¬nienne de l'Empire ottoman à la veille du Génocide. L'histoire qu'elle relate se confond avec celle des congrégations enseignantes féminines en Arménie occi¬dentale, bien moins étudiées que les ordres masculins. Toutes ces missions en Orient ont travaillé à Constantinople et en Anatolie pour y répandre la langue et la culture françaises et surtout conquérir les âmes, quitte à entrer en compétition avec d'autres chapelles et attiser la méfiance de l'Église nationale opposée à toutes formes de prosélytisme. Le principal apport de son travail est qu'il pro¬pose plusieurs histoires imbriquées. Celle des femmes dans l'Église de France et de leur œuvre éducative auprès des jeunes Arméniennes de l'Empire ottoman, mais aussi celle de la condition féminine des Arméniennes de l'Empire en milieu rural. Mobilisant une abondante documentation et de nombreuses archives épar¬pillées dans des fonds publics et privés, l'auteure restitue tout un pan de la vie arménienne dans les provinces anatoliennes tout en relatant l'impact des boule¬versements sociaux et sociétaux en cours dans l'Empire ottoman à la veille de la Première Guerre mondiale. Si l'histoire de ces ordres féminins s'inscrit dans le grand récit de la rencontre de la France et de l'Arménie, il convient de s'intéres¬ser au profil de ces religieuses venues apporter l'enseignement dans des contrées lointaines et reculées. Elles sont souvent de jeunes provinciales d'origine modeste peu au fait de la réalité des chrétiens de l'Empire ottoman. Elles s'installent en premier lieu à Constantinople, puis dans plusieurs villes de l'arrière-pays anato¬lien. S'intéressant d'abord aux catholiques, très minoritaires parmi les chrétiens, elles accueillent par la suite des élèves apostoliques, plus tard d'autres chrétiens orientaux, voire des juifs et des musulmans. De cette mission civilisatrice dou¬blée d'une œuvre de foi, on comprend mieux la transmission d'un art de vivre et d'un savoir à la « française » d'une part, et comment celle-ci joue un rôle dans l'émancipation graduelle des femmes dans l'espace public à tous les niveaux de la société. Ce travail pionnier nous est précieux dans la mesure où il fait aussi émer¬ger des nimbes de l'oubli tout un pan d'une Arménie broyée par le Génocide.

Tigrane Yégavian, France-Arménie, numéro 480, Décembre 2020, page 78


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