L'auteur | |
![]() | Naissance le 7 août 1905 à Malatia (Turquie), décès le 12 avril 1984 à Lyon (Rhône, France) Au cours du génocide arménien de 1915, son père, sa mère et un jeune frère furent assassinés. Napoléon Bullukian fut lui-même déporté, puis vendu comme esclave à un chef de tribu kurde. Il arrive à Marseille, en 1920, totalement démuni, ne sachant pas parler le français. Profitant de la solidarité arménienne, il poursuit sa route jusqu'à Saint-Chamond (Loire). Il est embauché comme manœuvre aux aciéries de la Marine, où il travaille dans l'atmosphère torride des hauts fourneaux. Il y reste deux ans puis trouve un emploi à Paris. Naturalisé Français en 1928, il accomplit son service militaire dans la Marine nationale. Puis, en 1932, il s'installe à Lyon, hésitant sur le choix d'un métier. Il se décide, finalement, pour le bâtiment. D'abord ouvrier maçon, il achète un terrain, puis, avec des amis, bâtit son premier immeuble. A la veille de la seconde guerre mondiale, il a sa propre entreprise de bâtiment et construit plusieurs immeubles. C'est au cours de ces années d'intenses activités qu'il fait la connaissance du Président Édouard Herriot, en qualité de délégué de la communauté arménienne de la région. Mobilisé en 1939, il rejoint à Bourg une unité de Tirailleurs Marocains. Après la défaite, Napoléon Bullukian prend une part active dans un des premiers réseaux de la Résistance Française " Le Coq Enchaîné ". Là, il œuvre aux côtés de Louis Pradel, futur maire de Lyon et de ses amis du Grand Orient De France. Après la libération, il donne une impulsion nouvelle à son entreprise de construction — la Coopérative Le Roc — qui va connaître une belle expansion jusqu'en 1960 où il décide de diversifier ses activités et de s'engager dans l'industrie plastique. D'abord, en prenant, une participation dans la Manufacture Lyonnaise de Bouchage. Puis, en créant, à Saint Georges de Reneins, près de Lyon (Rhône), une grande entreprise de bouchage " Astra Plastique ", visant surtout les eaux minérales, dont l'activité était, dans les années 1980', parmi les plus performantes d'Europe. Il continuera ses activités jusqu'à sa mort le 12 Avril 1984. Sa femme Léa, originaire de Dortan, (Jura, France) est décédée en 1974. La Fondation Léa et Napoléon Bullukian, reconnue d’utilité publique Quand il crée par donation, en décembre 1983, la Fondation Léa et Napoléon Bullukian sous l’égide de la Fondation de France, Napoléon Bullukian envisage éventuellement de la faire évoluer vers la reconnaissance d’utilité publique. A son décès, en avril 1984, la Fondation de France recueille sa succession, évaluée à plus de 6 millions d’euros. Le legs est constitué d'un patrimoine très diversifié, caractéristique de l’homme d’affaires : entreprise de construction, entreprise de bouchage, distribution d’eaux minérales, collections importantes et prestigieuses de peintures, de sculptures, de médailles et de meubles anciens français et chinois... L’attachement de Napoléon Bullukian à ses origines arméniennes lui inspire le premier objectif de sa fondation : «le soutien aux œuvres développées en faveur de la communauté arménienne, en France et à l’étranger». Par ailleurs, passionné d'art, il laisse derrière lui plus de 500 tableaux et de nombreux objets d'art et consacre en second lieu sa fondation à la culture. Enfin, très affecté par le décès, à la suite d'un cancer, de son épouse Léa, il prévoit des aides en faveur de la recherche médicale. Pour organiser l'ensemble, il confie la première présidence de sa fondation à un éminent représentant du corps médical, le Professeur Pierre Marion, chirurgien cardiaque. La Fondation de France appréhende donc cette succession en 1984. En collaboration avec les administrateurs nommés par testament, elle entreprend de réorganiser le patrimoine de la fondation afin d'en simplifier et d'en rationaliser la gestion. Progressivement, les entreprises à activité industrielle et commerciale sont vendues et le patrimoine immobilier restructuré, cependant que la fondation installe ses activités dans les trois domaines choisis par Napoléon Bullukian. Déjà très implantée et expérimentée, la Fondation Léa et Napoléon Bullukian obtient sa reconnaissance d’utilité publique par décret du 23 octobre 2003. Site web de l'auteur : www.bullukian.com |
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Livre numéro 896
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