Livre numéro 2238
 |   | Et du ciel tombèrent trois pommes |
Titre : | Et du ciel tombèrent trois pommes / auteur(s) : Narinai ABGARYAN - |
Editeur : | Macha Publishing |
Année : | 2016 |
Imprimeur/Fabricant : | Pulsio SARL, Paris |
Description : | 14 x 20 cm, 290 pages, couverture ilustrée en couleurs |
Collection : | |
Notes : | Traduction du russe par Ekaterina Cherezova, de "S neba upali tri âbloka", 2015 |
Autres auteurs : | |
Sujets : | Roman |
ISBN : | 9782374370163 |
Bibliothèques : | Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France |
Prix : | 19,90 euros |
Achat possible sur : | Amazon |
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Commentaire :Le point de départ de ce roman sincère et délicat est un village situé au sommet des montagnes arméniennes. Au fil des pages, il devient une allégorie du monde moderne : la guerre et les catastrophes naturelles anéantissent la vie des familles qui y vivent et qui doivent puiser en elles-mêmes pour surmonter ces tragédies. Construit autour de quatre histoires personnelles captivantes, le roman crée un récit universel et met en lumière la force de l'amour, de la famille et des souvenirs heureux, inaltérables. Le titre du roman vient d'un proverbe ancien : "Et du ciel tombèrent 3 pommes : la première dans les mains de celui qui a conté, la deuxième dans celles de celui qui a écouté, la troisième dans celles de celui qui a compris". |
Livre numéro 2190
 |   | Dans mon coeur à jamais |
Titre : | Dans mon coeur à jamais / auteur(s) : Narinai ABGARYAN - |
Editeur : | Macha Publishing |
Année : | 2016 |
Imprimeur/Fabricant : | Pulsio SARL, Paris |
Description : | 13,5 x 20 cm, 360 pages, couverture illustrée en couleurs |
Collection : | |
Notes : | Traduit du russe par Ekaterna Cherezova |
Autres auteurs : | |
Sujets : | Autobiographie romancée - Arménie contemporaine - Conflit arméno-azerbaïdjanais |
ISBN : | 9782374370040 |
Bibliothèques : | Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France |
Prix : | 19,90 euros |
Achat possible sur : | Amazon |
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Commentaire :Voici un roman qui fait partie des oeuvres qui vont marquer la littérature. A la manière de Tchekhov, son auteure met en scène des gens, des familles, dont les caractères font l objet d une histoire romanesque. C est un roman sur les aînés et les êtres chers qui nous accompagnent toute notre vie, même après leur mort, et leur présence invisible, formatrice et rassurante. Des personnes dont le passé difficile n a pas empêché de garder un coeur généreux et aimant. L auteure narre, à travers de courtes nouvelles, des scènes de son enfance dans le Haut-Karabagh en Arménie. Avec des saynètes fantastiques issues de ses souvenirs, des moments partagés entre jeunes et aînés et une vision enfantine de la vie, elle dresse le portrait de sa famille et de ses amis d enfance à travers ce pays qui lui est cher, sa culture et sa langue.
Article d’Elisabeth Baudourian, Nouvelles d'Arménie Magazine numéro 229, Mai 2016 Nouvelles d'Arménie Magazine: À la lecture de votre livre si riche en détails, il ne peut s'agir que d'un roman autobiographique? Narinai Abgaryan: La ligne principale est autobiographique mais j'ai ajouté quelques éléments pour enrichir le récit. Je suis née en 1971 à Berd où, comme l'héroïne de mon roman, mon père était médecin et ma mère enseignante. Après avoir obtenu mon diplôme en philologie et en linguistique à l'université d'Erevan, je suis partie en 1993 à Moscou pour faire une école de journalisme. Malheureusement, à cause de problèmes financiers, je n'ai pu achever mes études. Je suis restée cependant dans la capitale russe car mes parents, qui habitaient toujours à Berd, estimaient qu'il était dangereux pour moi de vivre dans cette ville située à 3 km de la frontière avec l'Azerbaïdjan. NAM: Comment avez-vous vécu la guerre de libération du Karabagh? N.A. : Pour notre famille, la guerre a commencé dès novembre 1988 car ma mère avait de la famille à Kirovabad en Azerbaïdjan et au Karabagh. Au début de l'année 1990, de nombreux réfugiés sont venus à Berd. Tous étaient dans un état déplorable. En outre, la ville a subi des bombardements. Toutefois mes parents, comme la plupart des habitants, n'ont jamais voulu quitter la ville. NAM : Dans votre livre, vous décrivez la brutalité des Azéris lors des pogroms de Kirovabad. Cependant votre grand-mère a été sauvée des massacres grâce à sa voisine azérie. N.A. : Oui, mais il faut dire que peu d'Arméniens vivaient comme ma grand-mère dans un immeuble mixte. À l'époque soviétique, Kirovabad était une ville multiethnique peuplée majoritairement d'Azéris et d'Arméniens qui habitaient dans deux quartiers distincts de la ville séparés par la rivière Gandja. Tout était fait pour diviser les peuples depuis l'époque tsariste. Il y avait aussi des Russes, des Géorgiens, des Grecs, des Juifs. Cette cohabitation a pris fin non pas à cause de problèmes liés à la nationalité mais du fait des différences religieuses. NAM : N'est-ce pas plutôt à causes des revendications des Arméniens du Karabagh ? N.A. : Oui, bien sûr, la véritable raison est l'autonomie réclamée par les Arméniens mais la religion a enflammé le conflit. Les autorités de Bakou ont appuyé sur l'appartenance religieuse pour mieux dresser les Azéris contre les Arméniens. Alors que les Arméniens possèdent une identité nationale et religieuse, il n'en va pas de même pour les Azéris qui se définissent avant tout par leur foi musulmane. Pour le reste, ils n'ont pas encore décidé s'ils étaient des Turcs ou des Perses ! NAM: À travers le personnage de l'horloger Usta Saribek, vous évoquez ces Arméniens de diaspora venus s'installer en Arménie. N.A.: Je voulais parler de ces rescapés du génocide qui sont venus dans l'espoir de retrouver la terre de leurs ancêtres. Après la Deuxième Guerre mondiale, Staline ambitionnait de reprendre à la Turquie les provinces de Kars et d'Ardahan mais ses projets ne purent se concrétiser. Ces gens se sont retrouvés pris au piège en Arménie. Ils n'étaient pas habitués aux conditions de vie dures des habitants de l'Union soviétique. Ils ont été répartis dans des villages mais la plupart ne savaient pas cultiver la terre. . NAM: Y avait-il des expatriés à Berd? N. A.: Oui. Environ une quinzaine de ces familles qui venaient d'Europe, des États-Unis, d'Iran, du Liban et de Syrie. Ils parlaient de nombreuses langues mais pas celle des Arméniens du pays et certainement pas le dialecte usité à Berd. Nous étions tous Arméniens mais avec des différences héritées du pays d'origine. J'ai une anecdote à ce sujet. Mes grands-parents m'ont raconté qu'ils avaient acheté du café auprès de ces rapatriés mais ils ne savaient pas comment préparer cette boisson toute nouvelle pour eux. Ils ont fait bouillir les grains de café mais ce breuvage, qu'ils n'ont pas particulièrement apprécié, les a empêchés de dormir pendant trois jours! Je me souviens de M. Garabed. C'était un artiste venu de France qui nous a permis de nous initier à la peinture impressionniste. NAM Est-ce que ces rapatriés de Berd sont rentrés dans leur pays d'origine lorsque cela fut possible à partir des années 70? N. A. : Dans les années 80, quelques-uns sont partis mais la plupart n'ont quitté l'Arménie qu'à la chute de l'URSS. Peut-être ignoraient-ils que c'était possible avant ? NAM: Est-ce qu'il s'agit de votre premier livre? N. A.: Non. Auparavant, j'ai écrit une trilogie sur mon enfance mais sur un ton humoristique. C'est un livre qui s'adresse à un public de 7 à 90 ans. Au départ, il ne s'agissait que de souvenirs d'enfance sur mon blog qui ont été remarqués par un éditeur de Moscou. Comme les trois livres ont eu du succès, ils ont été par la suite traduits en arménien. Après ce livre, j'ai écrit Trois pommes sont tombées du ciel, qui est actuellement en cours de traduction en arménien et en français. NAM: Quel est le thème de votre prochain ouvrage? N. A. : J'ai l'intention de publier un récit sur la guerre au Karabagh. Mais à Berd, où je me rends chaque année, il est difficile de recueillir des témoignages. Les hommes qui ont survécu aux combats ne savent pas raconter. Tandis que les hommes trouvent la mort au front, les femmes décèdent après la guerre. Pendant les conflits, elles prennent tout en charge et même ce qui incombe généralement aux hommes. Une fois la guerre terminée, elles sont victimes des maladies qui sont la conséquence du stress subi. On assiste à une prolifération des cancers. Or, comme ce sont les femmes qui transmettent la plupart des traditions, nous nous retrouvons devant une perte immense. Elisabeth Baudourian, Nouvelles d'Arménie Magazine numéro229, Mai 2016 |
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